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Vers un football professionnel



La contagion du professionnalisme en vigueur en Grande-Bretagne gagne la France. Officieusement d'abord, ce ne sont que des bruits de couloirs. Ensuite, les rumeurs enflent et la lutte entre défenseurs de l'amateurisme et partisans du football professionnel éclate dans les années 1920. Les premiers craignent que la notion de jeu et de plaisir disparaisse. Les seconds estiment qu'il est bon pour la qualité du jeu et les résultats de l'équipe d'autoriser un joueur à se consacrer davantage au football. De plus, beaucoup de pratiquants y voient l'occasion de s'enrichir grâce à leur talent, et ce d'autant plus s'ils sont issus des couches populaires. Les spectateurs viennent de plus en plus nombreux. Ils veulent toujours plus de beau jeu, de buts et de résultats. Les premières vedettes du foot apparaissent : « Pierrot » Chayriguès, « Julot » Dewaquez ou Lucien Gamblin dit « Lulu la Matraque ». Comme eux, nombre de joueurs cèdent aux sirènes de l'argent ou des avantages matériels que vont leur offrir des clubs assoiffés de victoires. Comme tout cela est interdit, les rémunérations sont déguisées : soins médicaux ou frais de déplacements gonflés, emplois de complaisance...

La FFFA essaie d'enrayer la professionnalisation des joueurs. En vain. L'ampleur du phénomène du football professionnel est trop grand d'autant qu'il a déjà pris chez les voisins européens : Tchécoslovaquie, Autriche, Roumanie, Hongrie, Allemagne, Espagne... La France ne peut pas continuer à rester à la traîne. Le 17 novembre 1930, une commission de la fédération composée notamment de Georges Bayrou, Gabriel Hanot et Emmanuel Gambardella, institue le « joueur rétribué » et permet le mélange de footballeurs payés ou non au sein d'une même formation. Mais le 17 janvier 1931, le Conseil national de la FFFA adopte le principe du professionnalisme par cent trente voix pour et dix-sept contre qui aboutit au vote cinq mois plus tard du statut de joueur professionnel. Son salaire mensuel est fixé à 2 000 francs. Un an plus tard jour pour jour, par cent six voix pour, quarante-neuf contre et quatre abstentions, c'est le statut de club professionnel qui est accepté. Pour l'acquérir, un club doit disposer de huit joueurs « pro » minimum, demeurer sous le régime de la loi de 1901 et se soumettre au droit de contrôle de sa gestion par la FFFA. L'arrivée officielle de l'argent dans le foot français ne gène en rien sa croissance. En juillet 1932, la FFFA compte plus de 8 000 clubs affiliés et près de 150 000 joueurs.

Cette période est aussi celle d'un autre grand chantier : celui du Championnat de France. Depuis 1918, la seule compétition nationale majeure est la Coupe de France dans laquelle se font remarquer le Red Star et l'Olympique de Marseille. Un championnat est organisé dans chaque région puis une phase finale regroupe les meilleures équipes. Toutefois, pour les joueurs et les spectateurs, le vainqueur de la Coupe est le champion de France.

Pour faire progresser le football hexagonal, les grands clubs doivent se confronter les uns aux autres dans un véritable Championnat de France et passer outre les difficultés d'organisation d'une telle compétition et la réticence de certaines ligues régionales à perdre leur prestige. Ainsi, une première tentative de Championnat est lancée. Trop confus, il ne dure que trois saisons, de 1927 à 1929.

Les dirigeants du FC Sochaux, soutenus par la firme doubiste Peugeot, créent un tournoi national à l'été 1930. Huit clubs participent à la première édition de la Coupe Sochaux remportée par les Francs-comtois en 1931 aux dépens de Lille 6-1. L'année suivante, vingt clubs s'y engagent et voient le FC Mulhouse battre en finale le Stade français 4-2. Le succès de ce challenge est total.

Le professionnalisme officiellement adopté début 1932, la Coupe Sochaux disparaît et laisse sa place à un véritable Championnat de France professionnel. Vingt équipes provenant des quatre coins du pays inaugure à l'automne la première saison conquise par Lille. Plus tard, y brilleront particulièrement le Stade de Reims, l'AS Saint-Etienne, le FC Nantes, les Girondins de Bordeaux, l'Olympique de Marseille, l'AS Monaco et le l'Olympique Lyonnais.




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