Ballons de football en cuir
  

La soule et le calcione



La filiation entre les jeux antiques et le football moderne reste difficile à expliquer. Cette pratique est en effet passée de la civilisation romaine à l'Angleterre victorienne. Le chemin le plus communément admis passe par la France du XIIe siècle avec la soule, sole ou choule, possible déformation de l'harpastum. C'est un sport de masse très violent. L'objectif est d'amener la soule, le plus souvent un ballon bourré de son, sous le porche d'une église, dans un trou, un cours d'eau, un arbre particulier... Les rencontres durent plusieurs heures, voire plusieurs jours. Elles opposent deux villages ou deux corps de métier. Les mariés jouent contre les célibataires, les hommes de la ville contre ceux de la campagne... Les parties ont lieu les jours de fête, surtout à l'époque du carnaval, avec un public nombreux. Aucune description d'un jeu semblable n'a été trouvée en Angleterre avant une chronique de William Fitzstephen sur la vie dans le Londres Normand en 1174. La soule, comme le carnaval, fut probablement importée chez les Anglais par les Normands.
Ce divertissement est très populaire en France comme en Angleterre durant le Moyen-Age : même les nobles, les religieux et les rois s'y adonnent. Toutefois, cet exercice est tellement violent qu'il arrive que des joueurs fendent la tête de leur camarade au lieu de frapper dans le ballon. Certains en mouraient, d'autres restaient infirmes... Il arrive même que les fautifs demandent l'absolution auprès du Pape. Ce sont ces excès qui poussent, au XIVe siècle, les rois de France et d'Angleterre à interdire la soule. Les deux monarques encouragent alors leurs peuples à opter pour le tir à l'arc, plus utile, surtout dans le contexte de la guerre de cent ans. Au XVe siècle, les amateurs de soule sont exceptionnellement autorisés à jouer le jour de Noël. Le reste de l'année, ils risquent une amende s'ils sont pris en flagrant délit de pratique de ce jeu banni.
Pendant la Renaissance, la soule, encore appréciée par la noblesse française, demeure interdite outre-Manche. Elle est tolérée en Irlande, dans les campagnes et certaines universités anglaises. A partir du XVIIe siècle, l'engouement pour ce jeu, abandonné par l'aristocratie, décline en France. Dans le même temps, un nouveau divertissement venu du sud remporte un franc succès en Angleterre. Porté par l'influence de la renaissance italienne, le quico del calcio, gagne la gentry anglaise. La balle, remplie d'air, est propulsée avec le pied. La partie se déroule dans un rectangle délimité entre deux équipes différenciées par la couleur de leurs tenues. Le Calcione introduit les notions de but, de jeu collectif et de répartition des tâches.




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